La remise en cause du label énergétique

Un nouveau scandale ?

Depuis les débuts de l’électroménager moderne, chaque évolution technologique  a apporté son lot de nouveautés pour satisfaire les consommateurs de plus en plus nombreux. Après une phase d’investissement massif, la société a pris conscience, progressivement, des enjeux environnementaux afin de proposer une série de produits dits éco-responsables. L’introduction d’un label énergétique européen devait permettre au consommateur de pouvoir naviguer entre les différentes références tout en étant informés des engagements environnementaux du produit recherché grâce à la présence d’un code couleur accompagné d’une lettre. Désormais, la présence de ce sigle visuelle est repérable sur tous les produits d’électroménager quelque soit sa provenance mais sa pertinence est remise en question d’après une étude du bureau européen de l’environnement (BEE). Un nouveau scandale concernant l’attribution et le respect des labels est-il en route ?

Contexte

L’étude réalisée par le BEE est le fruit d’une collaboration entre 140 ONG dans près de 28 Etats visant à confronter l’ensemble des performances énergétiques des produits d’électroménager, annoncées par les constructeurs, à leurs performances réelles dans le cadre d’une utilisation domestique et régulière. Pour les besoins de l’enquête, un échantillon de 20 appareils (lave-vaisselle, télévision, réfrigérateur) a été sélectionné selon un tirage aléatoire afin de disposer d’une base de données fiable pour arriver à des conclusions signifiantes comme dans le cas du climatiseur réversible écologique.

Le résultat de l’étude fait apparaître de sérieuses réserves quant à l’efficacité des labels énergétiques mis en place par l’Union européenne pour informer les consommateurs. Il s’avère que l’ensemble des appareils testés présentent des consommations énergétiques bien supérieures à celles annoncées par les fabricants qu’il s’agissent d’équipement de la catégorie D (très forte consommation) mais également de ceux appartenant à la catégorie A+++ (censés être moins énergivores). Pour les spécialistes, cette différence qui peut se révéler très importante dans certains cas s’explique par les conditions d’expérimentation du matériel d’électroménager par les fabricants au moment d’obtenir leurs labels. La consommation énergétique est mesurée avec un appareil ne comportant aucun aliment mais également sans aucune manipulation humaine, par exemple une ouverture de porte. Ces conditions d’utilisation très éloignées de la réalité (comme dans la baby climatisation ?) ne sont pas sans rappeler les dérives mises en évidence dans le cadre du « dieselgate » même si, dans notre cas, cela concerne en tout cas pour l’instant les conditions du test et non la mise en place de systèmes frauduleux.

Réflexions

Cette étude révèle la complexité de mettre en place des réglementations environnementales adaptées pour bénéficier d’un parc électroménager qui fasse partie intégrante d’un mouvement éco-responsable. Il est nécessaire que d’autres expériences scientifiques soient menés pour corroborer ces résultats, les premières conclusions invitent néanmoins l’Union Européenne à revoir sa copie en ce qui concerne l’obtention des labels énergétiques sous peine de voir les consommateurs n’apporter plus aucun crédit à la classification énergétique. Or, celle-ci bien qu’elle présente des défauts certains a le mérite de favoriser le renouvellement des appareils électroménagers dans le but de réduire notre empreinte environnementale sur la planète.

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